Le deuxième étage de l’océan de Carle Coppens

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Le deuxième étage de l’océan
De Carle Coppens
Ill. Julie Rocheleau
Le Quartanier éditeur, 2015
À partir de 7 ans

Avec Le deuxième étage de l’océan, Carle Coppens sort des sentiers battus par sa narration versifiée. Raconté en une centaine de strophes composées de six vers rimés (rimes dites plates : aabbcc), ce récit se prête merveilleusement bien à une lecture à voix haute. Autant le lecteur que les auditeurs prennent plaisir à se laisser emporter par le rythme et la musicalité de la langue de l’auteur. Je vous invite à écouter Carle Coppens nous présenter son livre.

On suit en effet avec plaisir le périple de ce petit garçon très imaginatif et dont on ne dit jamais le nom. Plein d’inventivité, cette histoire truffée de référents culturels plus ou moins familiers comporte de nombreuses descriptions savoureuses, amenant ainsi le lecteur à imaginer ce que vit, voit ou ressent le protagoniste. Un narrateur externe raconte les différentes péripéties en adoptant principalement le point de vue du garçonnet. On accède donc aux réflexions et analyses de la situation de ce dernier. Dans cette description de la famille du petit garçon

Dans cet appartement, on vivait heureux
Pas tous les jours, mais plus qu’un jour sur deux
Le petit garçon pouvait le prouver, il calculait la moyenne
Des baisers, des câlins, des fois où il entendait «Je t’aime»
Il divisait par la somme des cris, des regards exaspérés
Des «Va dans ta chambre!», des «Tu vas m’écouter?»

Carle Coppens voulait raconter une histoire qui se lit à haute voix. On le constate, la langue riche et imagée, le choix des mots et leur sonorité, le rythme imposé par les rimes, tout concourt à créer une sorte de musique. De plus, ce type de texte ajoute au plaisir de lire en nous invitant à anticiper la rime suivante. On peut aussi s’amuser à théâtraliser la lecture de cette œuvre en se partageant la lecture à haute voix. Un certain humour pour ne pas dire un humour certain, porté autant par les illustrations que par le texte, fait sourire le lecteur tout au long de cette histoire abracadabrante et nous laisse le cœur léger le dernier point consommé, les derniers guillemets traversés. Je vous invite à écouter l’auteur nous parler de son processus d’écriture.

Pour conclure, la fin ambigüe en laissera certainement quelques-uns perplexes quant à la véracité de cette histoire de deuxième étage de l’océan et de monstre. L’auteur amène son lectorat à se questionner sur le mensonge à travers ce récit où la frontière entre monde imaginaire et réalité n’est pas toujours très nette. Est-ce qu’imaginer des histoires fabuleuses relève du mensonge? Est-ce que les raconter comme si cela nous était vraiment arrivé en est un? Et puis, qu’est-ce que le mensonge? Est-ce que tous les mensonges sont égaux en gravité?

Un brin de poésie, un soupçon d’humour, de la créativité à foison, ce petit roman se déguste avec plaisir. On le referme en se disant qu’on le relira bientôt…

—Danièle Courchesne

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